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L'idée
est d'inventer une zone d'embarquement pour l'au-delà des mers
et du temps.
Je propose d'investir le parvis pour créer un quai symbolique de
rencontre propice à stimuler le partage des souvenances et motiver
l'entrée du chaland dans le Mémorial.
Pour bâtir un cadre sensible et significatif, j'envisage de mettre
en scène des témoins discrets et fidèles de nos histoires
d'Outre-Mer. Je tiens à implanter des bittes d'amarrage anoblies
par les assauts du temps et de la rouille.
Ces totems évoquent à eux seuls les voyages aux longs cours
vers des terres lointaines. Ils incarnent à la fois le départ
et l'arrivée, les séparations et les retrouvailles, les
espoirs et les cauchemars.
Face à ces paisibles sentinelles poétiques, je mets en perspective
les territoires d'Outre Mer. Faute de connaître le cahier des charges
et la place réservée à l'uvre, je pense, pour
l'instant, les matérialiser par un globe terrestre de 4 mètres
de diamètre. Il serait en inox. A la verticale, 24 tubes cintrés
pour représenter les méridiens. A l'horizontale, l'équateur,
les tropiques et les cercles polaires seraient évoqués par
des anneaux plats et larges pour éventuellement accueillir de multiples
petites bittes d'amarrage.
Je n'ai pas encore décidé si les terres seraient représentées
par un simple contour ou par des volumes.
Voici deux exemples de possibles mises en espace de cette cage au souvenir
:
1. Au milieu d'un bassin, vide ou avec de l'eau animée par des
mécanismes pour recréer des perturbations aquatiques ( légère
houle, marées ou autres mouvements marins).
La margelle forme le quai avec au moins 12 bittes d'amarrage orientées
vers l'intérieur.
2. Au centre d'un proscenium sur lequel sont aussi installées les
bittes d'amarrage orientées vers l'extérieur.
J'ai d'autres propositions que le globe à mettre en correspondance
avec ce quai des pas perdus et des souvenirs retrouvés. Ce qui
me tient particulièrement à cur, c'est la mise en
valeur de ces points d'accroche, acteurs passifs de l'histoire de nos
récentes civilisations.
Ces tabourets improvisés favorisent l'écoute, le palabre
et l'empathie. Ils invitent les citoyens à faire une escale dans
le passé pour décanter l'histoire et façonner un
meilleur vivre ensemble.
Il ne faut pas laisser les mémoires se fossiliser ou se momifier,
il faut qu'elles deviennent l'humus de nos utopies à partager.
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